Aperçu terminologique…

RÉDACTION  EN COURS

sous-chapitres, idem : supra Langage et épistémologie ?

 

Ce blog n’est pas le lieu de développer sur le, les discours dominants utilisés dans les mondes politique et public, discours dont le langage fourmille d’une terminologie qui, inondant le langage journalistique, obscurcit les consciences. Pire : ce langage qui formate les langages courants, déteint sur les discours scientifiques – ou qui se donnent pour tels !

De notre point de vue cette perversion a donc pour origine les évolutions du langage mercatique (marketing en franglais). Ainsi, par un aperçu commenté nous ne ferons qu’indiquer quelques pistes qu’une recherche sur les Friches Industrielles Marseillaise a ouvertes…

Nous nous contenterons donc ici de quelques aperçus à partir de termes que nous avons jusqu’ici employés dans ce blog, souhaitant ainsi ouvrir quelques pistes. De plus, nous profiterons de ce petit bilan terminologique pour l’augmenter de quelques termes apparentés, qui depuis longtemps nous trottent dans la tête (sans « * »…).

Ces termes seront classés en deux catégories (cf. infra « Autre rappel ») : « Architecture et urbanisme » et « Médiatico-mercantile et ses contaminations politiques ».

 

Architecture et urbanisme

Nous commencerons par celle de ces catégories qui nous est la plus familière, en raison de notre parcours personnel. C’est d’abord celle des termes que vous avez pu rencontrer au cours de la lecture du texte précédent, marquées ainsi « zzz* », en soulignant l’usage et l’origine.

 

Rappel de la première page du menu « Annexe-lexique », premier paragraphe : « Discours et « communication*» etc., propos du terme « communication* » :

* Nous avons mis des guillemets car ce terme nous semble le final (provisoire ?) d’une trilogie, évolution sémantique et lexicale, partant de la « réclame », passant par la « pub » essentiels aux commerce. Ce dernier, désormais sous la houlette de la « communication » semble viser une hégémonie politique, sociale et économique, sinon culturelle, dans un univers de « gouvernance » et de « management public ».

 

Autre rappel (première page, menu « MARSEILE PROVENCE 2013 » de ce blog) :

« Un astérisque (*) désormais marquera tout ce qui relève de la  « novlangue » en usage dans l’univers des médias*, du marketing* (en français « mercatique ») et du politique*. Pour leur part, les mots de plus mis entre guillemets  (« zzz* ») relèvent du jargon architectural et urbain, espèce apparentée aux langages évoqués ci-dessus. »

 

–          « agglomération* » : terme issu du vocabulaire de l’INSEE, désignant l’ensemble formé par une ville principale et celles avec qui elle a des liens économiques permanents. Notons que le débat tourne actuellement autour de la notion de « métropole », politiquement parlant. Tout cela n’est qu’un de multiples facteurs de l’ « urbanisme* », vaste débat jamais clos….

–          « architecture* » : au sens étymologique l’architecte était chez les grecs le chef des charpentiers. Désormais, il est un des multiples acteurs de le lutte des ego qui, contaminés par le design, tentant à qui mieux mieux d’être plus racoleurs les uns que les autres (mais beaucoup disposent déjà de leur circuit politico fraternel…). Résultat : leur produits sont démodés avant même de quitter la planche à dessin (l’imprimante, désormais…). En fait l’architecture est celle du client (celui que l’architecte aura le mieux séduit, clients dont nous préférons ne pas nous épancher sur l’inculture, clients champions du racolage mercanti). Par ailleurs, « architecture* » semble être mise à toutes les sauces, du genre « architecture d’un système informatique » (exemple parmi cent…).

–          « architectural* » : une étudiante lors d’une étude d’ « équipements » nous avait fait une réflexion qui nous avait frappé : « à propos de transparence, qu’est-ce qui désormais distingue un tribunal d’un édifice quelconque, d’administratif à commercial ? ».

–          « boulevard » (rajout au texte de ce blog) : à l’origine, voie circulaire remplaçant les fossés, l’artillerie rendant les remparts inutiles, mais faisant carrière pour construire l’autre rive du boulevard. L’origine du terme est donnée par celle d’un ouvrage militaire précurseur des rempart, fait de terre et de madriers : « bolwerc » (moyen néerlandais).

–          « campagne* » : les multiples ensembles résidentiels d’été des négociants marseillais, le plus accompagnés d’ensemble agricoles productifs. Pour beaucoup tombée en déshérence, détruites et remplacées par de « grands ensemble » dont aujourd’hui pour nombre lieux de misère et délinquance.

–          « décor* » : malheureuse analogie de certaines façades avec les cartons-pâtes provisoires théâtreux.

–          « design* » : au départ, esthétique industrielle née dans l’entre-deux Grandes Guerres visant à marier l’utile et le beau, désormais condamnée à une fuite en avant dans une innovation vite démodée, destinée à emballer les marchandises pour en développer leur pouvoir de séduction. Terme mis aujourd’hui à toutes les sauces, perdant donc son sens (n’avons-nous pas entendu récemment prononcer « design sonore » pour une simple sonorisation ?). Notons que cette « discipline » était primitivement destinée à dessiner des objets mobiliers, du plus gros meuble à la plus petite cuillère, en passant par certains sièges, etc.

–          « équipement* » : mot issu de l’anglais ancien « skip » (qui a donné notamment « équipage »), passé à l’ « urbanisme » via le langage militaire.

–          « friches industrielles* » : simple analogie…

–          « grand axe* » (marseillais) : ce n’est pas l’axe Bastille – Grande Arche de la Défense, mais bloqué entre l’obélisque de Mazargues et le Bld Ferdinand de Lesseps, il structure un « grand » Marseille, construit en continu ou quasi-continu.

–          « hyper-centre* » : jargon urbanistique marseillais né il y a un bon demi-siècle, désormais périmé (des urbanisations de la Pointe-Rouge à celles d’Euroméditerranée, quid de cette partie de la ville que les gesticulations de Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture n’ont pas permis d’échapper à sa déshérence ?).

–          « intégrés »  : qu’est-ce à dire ? Considérer un architecture comme membre d’une population étrangère dont on devrait soi-disant effacer l’identité ? Pourquoi ne pas plutôt parler d’insertion, dont le mode laisse le débat ouvert ?

–          « mise en scène* »  : cf. supra « décor ».

–          « moderne* »  : époque paradigmatique d’invention révolue, qui a fait place à répétition « design » ou tout ressemble à tout, course mercantile hystérique, éperdue fuite en avant…

–          « noyaux villageois* »  : erreur conceptuelle car, si curé et instituteur il peut y avoir, où est passé le maire ?

–          « objets *»  : kézako pour ce qui est de l’architecture ?

–          « opérations* »  : nous pensons immédiatement à l’expression « théâtre des opérations », jargon militaire s’il en est… !

–          « paysage* »  : espace agricole et forestier produit par le travail de l’homme.

–          « paysage urbain* »  : analogie faible…

–          « polyvalent* »  : qui prétend servir à tout et souvent ne sert à rien… mal !

–          « réhabilitation* »  : jargon architecturo-urbanistico-caritatif

–          « requalification* »  : du même acabit que « réhabilitation »

–          « rocade » (rajout au texte de ce blog) : voie parallèle au front pour son alimentation et vivres et munitions, donc issue du langage militaire.

–          « urbanisation* »  : terme inventé en 1867 par Ildefonse Cerda, appliqué à Barcelone par un plan à damier, plan que les romains ont inventé il y a deux millénaires. Mais dans ce cas, ne s’agirait-il pas plutôt de composition urbaine que de planification – dont le processus actuel en France connut son amorce sous Vichy ?

–          « ZFU* »  : Zone Franche Urbaine, défiscalisée pour en impulser le « développement » (quid de la pérennité de certaines activités, opportunistes ?).

 

Monde médiatico-mercantile, ses contaminations politiques et leur complices : les architectes et ceux qui se disent urbanistes

–          couches sociales dites supérieures* : stratification sociale, verticale, se traduisant horizontalement par des ségrégations, le « haut de gamme » étant gardienné (« gated communities).

–          événementiel* : valorisation de l’instant présent pour berner les gens, accablés par une situation de plus en plus dégrafée.

–          idéologie (rajout au texte de ce blog) : cf supra « Quid du langage contemporain »

–          innovant* : produit évidemment « design » destiné à entretenir le désir d’achat

–          innovation* : politique de fuite en avant dans une succession de séductions.

–          marketing* : en français « mercatique » (sinon « marchandage…).

–          marchandise (rajout au texte de ce blog) : objet fétiche bénéficiaire de l’attention de tous, génératrice de profits que nous ne commenterons pas ici.

Toutefois, notons que les discours aussi deviennent de plus en plus marchandises, rémunérées par les tenants des divers pouvoirs en monnaie sonnantes et trébuchantes, notamment les discours les plus creux, comme ceux de nos économistes médiatiques, universitaires souvent patrons de bureaux d’étude grassement rémunérés. Revoir : développer et compacter…

–          médias* : un médium des média, pas des médiaS ! Et si l’on voulait en rajouter dans le pédantisme (il y a bien d’autres dégradations de la langue, par ailleurs, nous en enrageons…) : un concerto, des concerti, pas des concertoS.

–          patrimonial* : politique de valorisation d’objets qu’il est plus opportun (sinon démagogique) de « réhabiliter », plutôt que de détruire. Il en est ainsi notamment des friches industrielles dont le support foncier, convoité, peut être l’objet d’une spéculation immobilière. Les friches « réhabilitées » participent à aux politiques marchandes innovantes.

–          patrimoine* : biens hérités du père.

–          problématique (rajout au texte de ce blog) : alors que le plus souvent tout simplement problème, question ou questionnement ?

–          synergie (rajout au texte de ce blog) : jargon urbanistique pour désigner l’interaction de personnes ou de groupes sociaux dans le cadre d’activités et d’habitations.

 

*          *

*

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *