Langage et épistémogie ?

Rappelons d’abord le paragraphe suivant, figurant dans le premier menu, titré «Marseille Provence 2013  » :

« Un astérisque (*) désormais marquera tout ce qui relève de la  « novlangue » en usage dans l’univers des médias*, du marketing* (en français « mercatique ») et du politique*. Pour leur part, les mots de plus mis entre guillemets  (« zzz* ») relèvent du jargon architectural et urbain, espèce apparentée aux langages évoqués ci-dessus. Autant que faire se peut, nous reviendrons (ultérieurement) sur les questions de terminologie –sinon d’épistémologie- ayant trait à l’ensemble des interrogations qui nous travaillent, interrogations provoquées notamment par les modes de discours précités. »

 

Quid du langage contemporain ?

L’« évidence » du sens de ces mots nous a toujours posé question : notions ? concepts ? verbiage ? nourriture de quels discours dans quel rapport implicite – explicite ? dans quel contexte spatial et/ou temporel ? dans quelle finalité ?  dans quelle mesure ces termes sont-ils véhicules d’une pensée unique ?

Ce questionnement, dés le début de notre carrière d’enseignant-chercheur architecte (quatre décennies déjà) a sous-tendu en permanence nos réflexions.

Ce XXI° Siècle, nous disposent désormais, de deux outils essentiels : l’ouvrage de Claude Hagège, fraichement paru « Contre la pensée unique » (Odile Jacob, Paris, 2012), et celui de Jeime Semprun « Défense et illustration de la novlangue française » (Éditions de l’encyclopédie des nuisances, Paris, 2005). Mais déjà en 1966 Michel Foucault avec « Les mots et les choses » (nrf, Paris) puis en 1982 Pierre Bourdieu avec « Ce que parler veut dire » (Fayard, Paris) avaient constitué les bases théoriques. Sur ces bases, nous appuyons toute notre réflexion.

Ainsi, la science étant un langage, nous avons voulu rédiger ces lignes pour exprimer notre questionnement incessant pour ce qui est de la construction du sens de toute chose, à partir des discours dont elles sont ou qui prétendent qu’elles en sont  les objets. En effet, notre souci est de ne laisser aucun ambiguïté sur le, les sens que nous tentons de construire, le contexte n’y suffisant pas toujours.

Déjà, nous souhaitons distinguer les termes « théorie » et « doctrine », le premier étant de l’ordre de la connaissance et le second de l’ordre de l’action. Quant à celui d’« idéologie », nous ne le sentons pas former un trinôme avec les deux précédents car il est de l’ordre de la représentation, représentation dont la validité reste objet permanent de discussion.

Un point sur le terme d’« idéologie » dont nous voulons insister sur deux définitions qui nous ont paru pertinentes et utiles, potentiels outils de tout propos :

« Système d’idées et de représentations appartenant aux superstructures, servant la classe dominante, n’ayant aucun fondement scientifique et qui a pour but de masquer les contradictions de la société ». (Précis de vocabulaire, M-Claude Bartold / Pascal Acot – Magnard, Textes en liberté, p 22– 1991)

« Ensemble des idées, des croyances et des doctrines propres à une société ou une classe ». (Le nouveau Petit Robert, 3. fin XIX°, vocab. Marxiste, p 1122– 1993).

En effet, l’histoire est d’abord un compte rendu, un récit, qu’une problématique de recherche soit affirmée ou non. Une neutralité axiologique doit être le principe directeur du travail du chercheur, toutefois pour beaucoup les auteurs auxquels ils se réfèrent ne sont pas des chercheurs, et leur propos peuvent être décryptés à différents degrés.

Les discours contemporains parfois codés « langue de bois », d’autres moins péjorativement « novlangue », occultent le débat, aveuglent même le locuteur. L’ensemble est alarmant, indiquant un affaiblissement du langage, donc de la pensée produite par la une langue pourtant riche : la nôtre…

 

 

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