« Niveau », « Emerger », et deux autres broutillles…

Commençons par le terme « niveau ».

La plupart du temps, on pourrait déjà tout simplement l’oublier car pourquoi dire, par exemple, « une blessure au niveau de la cuisse » tandis « qu’à la cuisse » suffit ? Cependant, on pourrait déjà recenser des synonymes, ou apparentés, du terme « niveau ». Ceci éclairerait sous de nombreux jours le sens du terme que celui « niveau » accompagne, l’enrichissant même.

Du point de vue scientifique « niveau de langage » est pertinent et adéquat. Ce (premier ?) emploi semble même être à l’origine des débordements sémantiques qui désormais nous assaillent.

Certes, « niveau de température », « niveau d’huile », « niveau d’eau » et d’autres expression du même acabit, dans leur technicité semblent appropriées, mais en architecture* et en géographie, plus particulièrement, pourquoi ne pas souvent préférer « hauteur » et « altitude », par exemple ?

* En anglais « first level » correspond à notre « rez-de-chaussée »…

 

En tout cas, par exemple :

– « au niveau ministériel », pourquoi pas « à l’échelon ministériel » ?

– « au niveau européen », pourquoi pas « dans le domaine » ou « dans le champ européen » ?

Quant au site « lexilogos », activant la fonction « synonymes » il propose un classement où (parmi 24 synonymes en tout) l’on trouve en équivalence :

– « classe », « rang », « étage » ;

puis pas ordre décroissant :

– « échelon », « degré », « hauteur », « ligne », « ordre » et « standing (? ) ».

Pour notre part, nous rajouterions volontiers :

– « catégorie », « champ », « domaine », « échelle », « ordre », « palier », « phase », « plan », « quantité », « rang et rangée », « rayon », « registre », « stade »…  (liste ouverte à toutes les bonnes volontés !).

En tous cas, au lieu de l’emploi du terme « niveau », pourquoi pas celui d’expressions telles que : « pour ce qui est de… », « au sujet de… », « à propos de… », « quant à… », même si cela peut parfois sembler quelque peu pédant ?

D’une telle gamme nuancée, nous ne comprenons pas que les locuteurs se privent…

 

Pour ce qui est du terme « émerger »

Nous serons plus pauvres en propositions, lexilogos (parmi 26 synonymes en tout) mettant en exergue en équivalence :

– « apparaître », « paraître », « surgir »,

puis pas ordre décroissant :

–  « sortir », « poindre », « percer », « sourdre », « pointer », « se montrer », « jaillir ».

Pour notre part, nous rajouterions volontiers :

–  « affleurer »,  « arriver », « déborder », « survenir », « se manifester », « se répandre », « se révéler »…

D’une telle gamme nuancée, (bis) nous ne comprenons pas que les locuteurs se privent…

 

Gérer

Ce terme a contaminé jusqu’au football : « il a mal géré son match »… (mais le football n’est-il pas un des hauts lieux du commerce et de la démagogie ?). « Il a géré son discours avec succès » (politique et marketing : même combat). « Il gère bien sa famille ». Etc. etc.

Un Hydravion dans le Vieux Port !

Décliner

« Il a décliné toutes les formes de son… analyse, argumentation, architecture, art, etc. », nous suffit pour nous poser cette question : ne serait-ce pas la langue qui serait dans son déclin ?

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