Euroméditerranée et Marseille Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture

et Marseille Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture

Dans cette vaste friche industrielle que reste le Lotissement « Mirès », pour le moment, cette « opération* » n’est qu’un grand chantier ou plutôt un ensemble de chantiers, dispersés, dont on se demande lesquels pourront être terminés à temps pour jouer pleinement leur rôle en 2013. En effet, « Euroméditerranée », « opération* » lancé en 2006 faisant suite à un projet Ville-État de 1989, et à la mise en place en 1994 d’un Établissement Public d’Aménagement, visait une terminaison en 2012…

Cette « opération* » éprouve de grandes difficultés à se poursuivre  si sur l’alignement « sortie de Marseille » le métal et le verre brillent, pour le reste sans cohérence apparente diverses parcelles sont construites de façon disjointe. Pourtant, une trame de ville existait depuis le début la deuxième moitié du XIX° Siècle, dessinée par  Mirés. Un tel carroyage était prémonitoire d’une figure de ville, même si sans cardo ni decumanus.

« Rattrapant » l’insuccès de Mirès, Euroméditerranée avait la tâche pourtant facile : dans cette préfiguration de ville, l’échiquier était prêt à accueillir ses pièces… ! Nous y remarquerons notamment une « opération* » sur le grand îlot carré qui, rue Pontevès a gardé un vestige, reste de façade des anciens entrepôts Gondrand. Il s’agit là d’un prétexte de marketing immobilier pour finalement installer une « gated community ».

Une telle coalition de construction pondues certains architectes vedettes devra patienter pour que le règne de la déshérence où elles baignent soit évincé. De toute façon, remettre ce collage carré « en ville », l’ouvrira-t-il sur un urbain de quartier ?

 

De nouveaux « équipements* » culturels

En ce moment, Marseille s’apprête à inaugurer 2013, année où elle serait chef lieu de « Marseille-Provence Capitale Européenne de la Culture», manifestation européenne récurrente. Ceci, se traduit par un ensemble d’opérations d’aménagements spatiaux et de construction d’équipements publics visant à consacrer cet évènementiel*. Ces « opérations* », sont concentrées sur une bande littorale, des quais Nord vers le lac intérieur du Vieux Port. Mais depuis ce dernier, le Fort St Nicolas et la bute St Laurent occultent toute perspective vers les Ports Nord « nouvelle » figure, ne présentant qu’un verrou routier, peu accueillant pour le piéton. Ce dernier sera-t-réduit à contourner le Fort, par tous temps ?

Sinon sur ce littoral, nous n’avons pas connaissance évidente d’actions « lourdes ». Ailleurs dans l’espace urbain liées à Marseille Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture,  ces autres actions ont sans doute choisi des espaces existants peu évidents, dispersés dans la ville mais surtout peu marquants quant à leur signification (novatrice ?) urbaine.

Rien ne semble pour le moment avoir fait appel à la mémoire d’une ville de pourtant 26 Siècles d’histoire. Ainsi, notamment, quid du cœur de ville marseillais maintenant paupérisé, pourtant magnifique figure de ville léguée par le XIX° (Grands Cafés, foules sur la Canebière et le Cours Belsunce… Cf. infra 3/ MIO, a) La Ville, rappel historique…) ?

 

En effet :

– le Vieux Port est l’objet d’une « requalification* » qui n’en changera pas fondamentalement le caractère portuaire ni le décor urbain qui l’enserre, sans parler de « l’ombrière », caprice dont l’entretien sera une charge municipale de plus…

– ainsi, derrière le Fort St Nicolas sur le « J4 » se cacheront deux constructions d’un type innovant*, chacune semblant ignorer l’autre ainsi que leur « environnement* » : le Mucem, le Centre Régional Méditerranée, dont nous connaissons les photos des maquettes, mais qu’une certaine retenue (euphémisme…) nous a amené à ne pas représenter ici…

A Marseille aussi l’architecture a succombé sous les assauts du « design* », dessin d’objets qui finalement n’ont pour dessein qu’eux-mêmes… Ne nous en étonnons pas car il en est ainsi de l’architecture mondiale (jadis dite « Internationale » car d’un anonymat généralisé), gesticulant à qui mieux-mieux dans une démesure inconséquente, comme pour s’émanciper de l’anonymat de la fin des Trente Glorieuses, dans un univers urbain dont l’ordre n’est pas sans poser de question.

Voyons là un de ces indices idéologiques de la fin ce cette époque où l’État gardait la haute main sur le développement économique tout en tenant les cordons la bourse, sinon ceux de la Bourse, indice d’un saut paradigmatique marquant un changement historique de mode d’être et de faire.

 

Une permanence historique

La Tour CMA CGM (2010) surgit, ici comme ça et là dans de monde entier d’autres glorieux objets égoïstes. Ainsi à Marseille, pas si loin du « J4 », elle paraît initiatrice du surgissement « architectural* » de la manifestation de futures puissances, concurrentes quant à leur gesticulation. Les photos des maquettes sont disponibles, mais par décence (deuxième euphémisme) nous nous abstiendrons des les retranscrire ici. L’une d’elles semblant l’« œuvre » (?) « lego » d’un architecte bloqué au stade de l’adolescence, par ailleurs rejeton du promoteur de la chose, nous en resterons-là… Le caprice (que ne renierait pas un parfumeur) représenté ci-dessus nous suffit pour clore nos commentaires architecturaux…



A propos d’un tel mouvement pulsionnel, historique, rappelons le témoin quasi prototypal que constitue San Gimignano     (XII° Siècle). Dans cette ville, habitent aujourd’hui 8000 habitants seulement, mais elle connut une grandeur, il y a un millénaire. Maintenant site classé d’une mémoire patrimoniale*, vestige d’une concurrence mercantile , époque pré-capitaliste d’accumulation primitive (« c’est moi qui ai la plus grande »…, ou la plus gro… ?), submergée par le tourisme sa visite en est laborieuse…

 

Un patrimoine futur ?

Les architectes d’aujourd’hui, vedettes peut-être mais en fait ravalés au rang de directeurs artistiques de systèmes de production intégrés (de la promotion au chantier, en passant par le financement), quelles traces sauront-ils laisser ? Quel « futur » patrimoine* vont-ils contribuer à léguer ? Et dans ce potentiel domaine, quid des activités économiques de production et de leur rapports avec ville et habitat ? Ignorées ? Refusées ? Transformées ?

 

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