Le Centre et ses quatre pôles cardinaux

La figure urbaine marseillaise de ce qui peut être qualifié de Ville, tout au moins d’un centre « où il se passe quelque chose », est marqué aux quatre points cardinaux, marquage XIX°, par :

le Vieux Port à l’Ouest et les  « Réformés » »  à l’Est ;
la « Porte d’Aix » au Nord (suite au Cours Belsunce) et la Place Castellane et sa fontaine Cantini au Sud, qui a remplacé l’Obélisque originel (cf. infra).

Notons qu’à l’intérieur du tracé urbain actuel, les remparts disparus ont laissé place à des voies dans, à l’intérieur d’un territoire marqué par ces quatre points (au Nord : Place         J. Guesde et Bld Nedelec ; à l’Est : l’enchaînement Dugommier-Garibald-Lieutaud-Cours Julien ; au Sud : Bld Th. Thuner, Bld Salvator, P. Peytral, Cours P. Puget, rue Roux de Brignoles…).

 

Le Vieux Port

Vue générale prise peu avant la II° Guerre Mondiale, Pont Transbordeur encore debout, quartier du « Panier » toujours là, jusqu’au quai. Le chenal, creusé mi XIX° derrière le fort St Nicolas pour lier les deux ports, existe encore.

 

Les  « Réformés »

Quand on dit à Marseille « les Réformés », il s’agit dans le parler courant du carrefour. L’Église proprement dite ayant été reconstruite (1886), mais jamais terminée, comme en témoignent les simples épannelages précurseurs de sculptures. Quand l’immeuble à droite du début du boulevard, « axe » de sortie Est, aujourd’hui de la Libération, il ne défigurait pas encore les lieux par sa surélévation. L’état ici représenté ici date du début du XX° Siècle.

 

Suite au Cours Belsunce, la Porte d’Aix

Prévue en l’honneur de Louis XVI et en mémoire de la paix qui mettait fin à la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis (1784), cet arc de Triomphe ne fut Inauguré que le jour de la fête du roi Louis-Philippe Ier (1837, état début XX° Siècle).

 

La Place Castellane

Cet obélisque érigé en l’honneur de la naissance du Roi de Rome (1811) a été déplacé, ponctuant désormais la limite finale Sud du « Grand Axe* » marseillais, et remplacée par la fontaine Cantini (1911-1913) .

 

Dans un deuxième temps, à l’Est des Réformés, mais en retrait du Centre proprement dit, vint le Palais Longchamp (1869, ouverture du Boulevard du même nom : 1834). Son motif central est la magnification de l’arrivée de l’eau à Marseille (notons qu’il fallut quatre décennies pour trouver son répondant au Sud : la Fontaine Cantini, mise en scène urbaine de l’irrigation de la ville…).

Au delà de cet « hyper-centre* » ponctué par les points cardinaux susdits, sur l’axe Nord-Sud, depuis la place Castellane le grand tracé se poursuit vers le Sud (le Prado, ouvert en 1845), bâti en continu, donnant encore un aspect de ville, jusqu’à un carrefour où perpendiculairement une large avenue (le 2e Prado) mène jusqu’à la mer.  Il se poursuit par le Bld Michelet jusqu’à l’Obélisque (cf. infra).

Nous avons tenu à mentionner ce « premier » Prado car il  accueillait en rive Nord un garage Citroën, construit par M. Mattei (1922, cf. première vue – en tête de blog), à l’occasion de la Foire Coloniale. Désaffecté ce vaste garage ne fut qu’une furtive « friche industrielle* » jusqu’à sa rapide destruction (1991) en vue d’une « opération urbaine* » autour d’une voie axée sur le Bld Périer, « opération* » dont la qualité n’accueille pas l’assentiment de tous (certains la baptisent même du nom de l’« Avenue Ceausescu »…).

Mais du même côté, proche de la Place Castellane, déjà un magnifique immeuble de briques d’esprit « Bauhaus », abritant les Établissements Cusenier (marque de vermouth, photo hélas non trouvée), avait été ignoré lors d’une « opération* » spéculative, bien qu’ayant été l’objet d’attention et même de pétition de citoyens cultivés, attachés à l’histoire de Marseille.

Plus loin, après le carrefour entre les deux Prados, suit le boulevard Michelet qui accueillait entre les Deux Guerres notamment les usines automobiles Turcat Méry, marque disparues (vue aériennes anciennes de cette voie cf. infra : « Industrie Ville et territoire »). Ceci nous permettra également de constater la  ainsi qu’un dépôt des Établissements Suze (vue orthogonale, in « LE MARSEILLE INDUSTRIEL OUBLIE » – désormais désigné par le sigle : « MOI »).

La Place Castellane passée, cet axe Nord-Sud garde donc un visage urbain, continu, jusqu’au croisement des deux Prado. Mais vers le Nord depuis la Porte d’Aix, un tronçon continu aux façades délabrées vite passées, cet axe traverse l’espace « Euroméditerrée » qui peine à se défaire de son image en déshérence. Pour finir, il bute sur la figure industrielle de l’ex-gare d’Arenc.

 

 

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