MARSEILLE AU XIX° REVES ET TRIOMPHES

C’était le nom d’une exposition qui eut lieu en 1991 – 1992 à « La Charité » à Marseille.

Il y a deux décennies déjà, les Trente Glorieuses bien passées, cet événement quasiment nostalgique exaltait la grande époque de Marseille, exacerbation du néo-libéralisme et de l’individualisme, dans un univers de réseaux locaux mais aussi internationaux, alors pour beaucoup sur base familiale.

Cette époque correspond à « L’âge d’or de l’industrie » (p 91 du catalogue), industrie qui avait néanmoins connu une première apogée au XVIIIe, liée au port, tant pour ses approvisionnement que pour ses ventes.

Le catalogue indique plus loin dans cette même page : « La raison d’être de l’industrie marseillaise est avant tout d’attirer et retenir des produits qu’elle transforme pour alimenter son commerce », et précise : « Le tissu industriel marseillais de la grande époque – la fin du XIX° siècle – est fait de l’addition, de l’enchevêtrement de multiples ateliers et des quelques grandes fabriques. » d’où « un manque de lisibilité de l’espace industriel… ».

Nous renvoyons à la lecture de ce passionnant catalogue qui exprime le contraste marseillais, tel qu’on peut en voir les restes et dont la structure demeure : modernité et désordre, la modernité du XIX° ayant légué une certaine qualité à la figure de la Ville.

Dans ce cadre, Marseille Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture hélas semble se cantonner à intervenir aux marges. Il s’agirait d’un  « hors figure » pour transformer les Ports Nord, figure stigmatisée, récupérés en attraction touristique (les travaux internes, du Vieux Port notamment, ne sont que le rattrapage d’un retard, sinon d’une incurie…).

Quant au désordre qui demeure, au delà d’un pittoresque marseillo-marseillais et d’un rêve (un simple fantasme ?) d’extension Nord, quelle contribution Euroméditerranée pourra-t-il apporter à un futur urbain, diversifié, encore marseillais ? Quel tropisme littoral, phénomène attractif international, pourra-t-il alimenter un renouveau productif ?

Marseille, ville provinciale maritime et négociante n’est pas à l’échelle de Liverpool, dont la majesté s’exprimait jusque dans ses vastes docks. Ses vastes espaces Nord, quelque peu désordonnés dans leur déshérence, ne serait-ils pas réduit à une réserve foncière « cheap » (réserve dont il faudra d’ailleurs réduire les indiens) ?

Au-delà des gesticulations favorables aux migrations alternantes des bobos-navette TGV, quel avenir ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *